Pour qui chante le coq ?

Cette création sonore est la mise en ligne du CD offert avec le numéro 3 de la revue Jef Klak, « Selle de ch’val », paru en 2016.

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Alligator Wine, Far West, soleil au zénith.

Ce matin-là, les cow-boys Birdy et Goody ont manqué l’aurore. Levés de mauvaise botte dans la moiteur du midday, les voilà sans nouvelle du bien-nommé Ritchie, chanteur à grande crête, horloge f lamboyante, annonciateur du point du jour. Mais où est-il passé ? Deux balles de fusil si c’est cette saleté de renard ! Face à une shérif dépassée par les évènements, Birdy et Goody, entourés de tou.te.s les habitant.e.s, doivent bientôt se rendre à l’évidence : les animaux sont partis !

Que devient la dernière espèce dans le silence des grandes plaines de l’Ouest ?

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Pour « Selle de ch’val », un collectif d’auteur.e.s-réalisateur.rice.s propose à l’écoute Pour qui chante le coq ? Ce collectif, c’est le « groupité son », formé au printemps 2015 à partir des discussions de préparation de « Selle de ch’val » dans l’intention de réaliser une unique pièce sonore collective – et non un CD composé d’une dizaine de titres reliés par un seul thème, tel que ce fut le cas pour « Marabout » et « Bout d’ficelle ».

Le « groupité son » compte neuf personnes éparpillées dans toute la France, engagées dans un effort commun de création. Il réunit des membres de la revue et des contributeur.rice.s, maniant le son et l’écriture, pour la plupart rencontrés à l’occasion du numéro précédent.

Au final, neuf mois de création à raison d’un ou plusieurs week-ends par mois de retrouvailles, de milliers de mails et de centaines d’appels téléphoniques, pour écrire le scénario, trouver des acteurs et des baby-sitters, dénicher la voix off, chercher des lieux de tournage sans bruits d’oiseau ni de voiture, fabriquer des costumes sonores à l’aide de presse-ail, emprunter des enregistreurs et des micros, organiser des fiches techniques, solliciter figurants, musiciens ou bruiteurs, cuisiner pour vingt-cinq, dire que l’on n’est pas d’accord, réaliser le montage, faire écouter, organiser des comptes rendus d’écoute, continuer le montage, tomber d’accord, mixer, presser…

Foi d’shérif, c’rodéo collectif, on l’a fait !

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Fiche technique
Réalisation : Groupité son de Jef Klak, composé de Pol Chailloux, Joëlle Kehrli, Élisa Monteil, Célio Paillard, Émilie Mousset, Aude Rabillon, Raphaël Mouterde, Céline Laurens et Julia Zortea.

Avec :
Goody : Kevin Mussard
Birdy : David Farjon
Sally : Hortense Belhôte
Buddy : Thomas Appolaire
Johnny : Rébecca Chaillon
Jacky : Florent Chapellière
Abby : Aurore Déon
Jully : Soizic Martin
Sammy : Antoine Formica
Billy : Christian Canonville
Emmanuelle Rabillon (dans son propre rôle)
Boris Nordmann (dans son propre rôle)
Cherry : Victoria Paulet

Voix-off : Arnaud Jammet

Figuration : Olivier Minot, Astrid Toulon, Henri Clerc, Lucie Gerber, Lucie Guesnier, Lucile Johnes, Ael Théry, Julia Deplaix, Anaïs Galtier, Inès Vegas-Martin

Musiques : musiques originales composées et interprétées par Mike Guermyet, et contributions de Damien Sarret (guitare) et de Florent Chapellière (piano) pendant la séquence du saloon

Bruitages : Élodie Fiat et Aurélien Bianco

Mixage : Arnaud Chappatte

Illustrations : Fanny Legrand

 

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« SE SENTIR TAUREAU »
Les fictions corporelles de Boris Nordmann

Les Fictions corporelles sont des méthodes pour se sentir autre.
Pour la pièce sonore Pour qui chante le coq ?, le groupité son a passé commande à Boris Nordmann d’une méthode pour se sentir taureau, sur le modèle des Fictions corporelles qu’il a déjà réalisées.

« La Fiction corporelle araignée et la méthode pour se sentir cachalot en 1h30 procèdent toutes les deux du même schéma : les auditeurs entrent dans une pièce où se trouvent des matelas de camping, des couvertures et du papier sur les murs. Je commence par dessiner l’anatomie de l’animal concerné, et jouer au professeur de sciences. C’est informatif et soigneusement documenté, les gens posent des questions, on est à l’aise. J’invite ensuite à porter l’attention sur certains endroits du corps humain qu’il est nécessaire de situer pour comprendre la suite. Une fois les gens allongés et détendus, la méthode est formulée.

Le corps humain est la forme de départ que l’imagination déforme pour y inscrire le corps d’un animal.

Venant de la sculpture et de la biologie, il m’est arrivé de présenter les Fictions corporelles comme des sculptures. Des sculptures dont le matériau est la représentation que l’auditeur a de son corps, et qui n’ont pas d’autre socle que son confort. Les Fictions corporelles ont été accueillies “à domicile” (chez quelqu’un qui choisit d’inviter ses amis pour un voyage intérieur collectif) et dans des espaces consacrés à l’art et à la recherche.

Au-delà du dépaysement de se sentir autre, de se détendre ou de retrou- ver son corps humain sous un jour nouveau, les Fictions corporelles permettent de se représenter un savoir (qui n’est pas forcément l’anatomie d’un animal). La représentation que l’on se fait de son corps est l’espace de projection de ce savoir. La traduction d’un ensemble d’informations vers un ressenti humain passe par plusieurs “prototypes”, dont les formulations sont testées. Ce travail de synthèse amène des questions nouvelles. »

Le site de Boris Nordmann

 

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Illustrations : Fanny Legrand

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