Le lundi au soleil

      Tout va bien au théâtre de la Commune Enquête sur la grève des salarié·es du théâtre de la Commune d’Aubervilliers

      Que se passe-t-il au théâtre de la Commune à Aubervilliers ? Quelles sont les raisons de la grève longue de plus de deux mois, huée par le philosophe Alain Badiou ? Harcèlement des syndiqué·es, départ de plus de la moitié de l’équipe permanente, humiliations et menaces… Tout est bon pour mener à bien le projet artistique de Marie-José Malis. Restée assez discrète, sans doute à cause du prétendu génie de l’artiste en question, cette grève est pourtant révélatrice de l’état d’esprit de certain·es artistes-dirigeant·es d’établissements culturels publics aujourd’hui. Au nom de l’art, on y défend une politique managériale digne des pires ténors du CAC40. Un document confidentiel, le CDNLeaks, en téléchargement in extenso ci-dessous, et une longue enquête menée depuis le début de la grève montrent le niveau de contamination néolibérale d’un lieu historique du théâtre populaire et du maoïsme français. Mesdames et messieurs, demandez le programme ! Lire la suite

      Une révolution à ne pas oublier 2018 : centenaire de la République des conseils en Allemagne

      À présent que sont terminées les commémorations en grandes et funestes pompes pour le centenaire de la boucherie de 14-18, on lira ici un autre souvenir, plus engageant. Car à la toute fin de cette guerre des puissances européennes commence une autre histoire, celle de la Novemberrevolution en Allemagne. Dès octobre 1918, les mutineries s’enchaînent, notamment chez les matelots qui refusent de continuer les massacres qu’on leur ordonne. Des soldats, paysan·nes et ouvrier·es se réunissent alors autour de structures de décision autonomes de tout pouvoir extérieur et s’auto-organisent en conseils – le tout en activant la grève générale. La monarchie et la bourgeoisie sont attaquées, la République socialiste de Bavière est proclamée… Mais laissons Paul Mattick Jr nous raconter cette histoire : sans en tirer de leçons définitives, et sans comparer l’incomparable, son éclairage donne un peu plus de prise et d’outils face aux crises politiques que nous vivons aujourd’hui. Lire la suite

      Par les damné·es de la terre : « Je voulais montrer la base du cri » Entretien avec Rocé sur une autre histoire de la chanson en langue française

      De 2002 à 2013, de Top départ à Gunz N’Rocé, quatre albums de haute volée : des mots choisis avec patience, des beats qui cognent avec élégance, un flow qui s’invente avec rage. En 2018, surprise, le rappeur Rocé opte pour le pas de côté : « Avec ce recueil, je déplace mon ego sur un projet de transmission », nous a-t-il expliqué quand nous l’avons rencontré. Le résultat a pour titre Par les damné·es de la terre. Des voix de luttes 1969-1988, sur le label indé Hors Cadres. Un travail de collecte long d’une décennie, pour réunir chanteurs et chanteuses de langue française qui, durant des années de révolte et de soul, ont proposé autre chose que de la variété. Des chants de lutte en usine, des voix contre la colonisation, des timbres d’exil… Accompagnées d’un livret réalisé par les historien·nes Amzat Boukari-Yabara et Naïma Yahi, les 24 pistes à découvrir dès ce vendredi 2 novembre entonnent autant de micro-histoires de la France, un autre rythme pour nos luttes à venir. Lire et écouter la suite

      « La gamification, c’est la rationalisation du jeu à des fins capitalistes » Entretien avec Sébastien Genvo, game designer

      Dans les secteurs du management et du marketing, mais aussi à l’école ou sur nos écrans, le nombre d’applications utilisant les mécanismes du jeu va croissant. Game designer et professeur à l’université de Lorraine, Sébastien Genvo s’attache à mettre en lumière le fondement béhavioriste de ce phénomène de « gamification ». À cette capture capitaliste et néolibérale du game, il oppose une conception libératrice de play, fondée sur les notions d’expérimentation et de réappropriation. Lire la suite

      Howard Buffett au Congo Le problème de la philanthropie capitaliste

      La colonisation n’en finit pas de sévir, et si l’occupation militaire des territoires n’est plus en vogue pour les pays occidentaux, d’autres moyens leur sont offerts pour asseoir leur position sur nombre de pays. La philanthropie, que l’on pourrait croire armée des meilleures intentions, fait partie des nouvelles formes de ce libéralisme postcolonial : en inondant les États et les structures locales de dollars, les grands investisseurs capitalistes noient dans l’œuf toutes les initiatives pour l’autonomie et la résistance des peuples autochtones. Pour exemple, voici le cas du businessman Howard Buffet, fils de Warren Buffet (troisième fortune mondiale), qui joue un rôle non négligeable dans le « développement » de la République démocratique du Congo et vient influencer les récits des journalistes ou des ONG là où aboutit son financement. Lire la suite…

      Assis dans un McDonald’s : microportrait des USA Entretien avec le journaliste itinérant Chris Arnade

      Ancien de Wall Street devenu reporter atypique, Chris Arnade a une méthode propre à donner une leçon aux journalistes en herbe. Il arpente le territoire des États-Unis et se pose, au milieu des autres, sur les bancs des restaurants McDonald’s ou au coin d’une rue de banlieue, ouvert à la rencontre. Là, ce qu’il voit n’est ni révolutionnaire ni spectaculaire : des tranches de vie ordinaires, des groupes de parole et de communautés de quartier, des existences précarisées et banales. Les photos et témoignages qu’Arnade recueille dans les fast-foods – d’habitude méprisés – parlent de l’Amérique, de la pauvreté endémique de ses marginalisé·es et du soutien mutuel de ses habitant·es. Sam Jaffe Goldstein, libraire de Los Angeles, l’a interviewé – loin des sentiers battus de la gauche universitaire.Lire la suite

      « Faire le ménage ensemble, c’est la base » Le travail au ras des pâquerettes – 1er épisode

      Le 1er épisode de ces nouvelles chroniques publiées par Jef Klak nous emmène au Boissier, local du club thérapeutique de la clinique psychiatrique de La Chesnaie (Loir-et-Cher). Ici, les habitant⋅es s’attellent au jour le jour à la fragile et précieuse tâche de vivre au milieu des autres, très loin des fantasmes orthopédiques des « conseillers en insertion ». Lire la suite

      Mai 1968-2018 : prendre la parole, encore et toujours Actualité de Mai-68

      Avant de partir aux États-Unis rejoindre le penseur écologiste libertaire Murray Bookchin, Daniel Blanchard s’engagea pleinement dans le mouvement du 22-Mars, puis dans les comités d’action durant le bouillonnant printemps français de 1968. Cinquante ans plus tard, loin des commémorations ronflantes et matraquantes des « évènements », Daniel Blanchard livre dans Jef Klak son regard singulier sur ce moment radical de réappropriation de la parole. Un texte qui éclaire le mouvement social en cours, plus que jamais en proie à l’autoritarisme du pouvoir étatique. Lire la suite

      Le premier des 1er-Mai Le mai sanglant de Haymarket. Monuments statiques contre mouvements sociaux

      Le 1er mai 1886, lors de la journée internationale pour la réduction de la journée de travail à 8 heures, des centaines de milliers d’ouvrier·es lancent une grève d’ampleur à travers le pays. Deux jours après, alors que le mouvement se poursuit, une bombe explose sur la place de Haymarket à Chicago en plein affrontement entre les manifestant·es et la police venue les réprimer. Un policier est tué par le souffle, sept autres dans la bataille rangée qui s’en suit. Quatre anarchistes sont alors pendus. Si la lutte pour la journée de 8 heures finit par être victorieuse, la mémoire des événements n’est toujours pas acquise. Lire la suite

      L’esprit du Turc mécanique Moyen-Orient : les petites mains du capitalisme informatique

      Au Moyen-Orient, et sous couvert de lutte contre la pauvreté, le néolibéralisme exploite l’occupation et la guerre pour en retirer une main-d’œuvre la moins chère possible. Dans les territoires occupés de Palestine ou les camps de réfugié·es syrien·nes, les plans de développement de la Banque mondiale n’hésitent plus à promouvoir la sous-traitance de microtâches numériques pour le compte de grandes firmes internationales. Pour des rémunérations de misère et sans protection sociale, les plus vulnérables sont aujourd’hui forcé·es de jouer le jeu du « Turc mécanique » : travailler dans l’ombre pour faire croire aux populations occidentales que les nouvelles technologies fonctionnent comme par magie. Lire la suite

      Une pensée pour les familles des vitrines Paroles de manifestant·es masqué·es

      Ce texte est un montage de sept entretiens de femmes et d’hommes, entre 16 et 40 ans, qui ont en commun d’avoir participé, à l’occasion de manifestations, à des affrontements avec la police ou aux bris de devantures – de banques ou d’agences d’intérim notamment – le long du parcours. Une histoire toute récente pour certain·es ; pour d’autres, une pratique qui remonte à plusieurs mouvements sociaux. Il ne s’agit ni de revenir sur le mouvement contre la loi Travail et son cortège de tête ni de proposer une réflexion politique sur l’usage de la violence ou la détestation de la police, mais de s’arrêter sur ces corps et ces subjectivités pris dans des pratiques risquées, réfléchies, jouissives, sérieuses – ou pas. Lire la suite

      « Vivez à vos risques et périls, mais vivez dociles et prévisibles » Le grand détournement néolibéral de Foucault. Entretien avec Valérie Marange

      Valérie Marange, philosophe, psychanalyste et praticienne Feldenkrais, a participé aux mouvements d’intermittents et précaires. Dans « L’éthique du bouffon » en 2001 puis dans « L’intermittent et l’immuable » en 2007, elle analyse les falsifications des idées de Michel Foucault opérées par deux bouffons du néolibéralisme: François Ewald, ancien assistant du philosophe et colégataire de son œuvre, et Denis Kessler, alors no 2 du Medef. Leur article « Les noces du risque et de la politique » pose les bases de la contre-réforme de la protection sociale portée par l’organisation patronale pendant les années 2000, avec l’aide de ses alliés syndicaux – CFDT en tête. Ils y font l’éloge de l’« économie politique du risque » et d’une éthique travailliste où le contrat social « trouve sa vérité dans l’assurance ». Retour sur l’individualisation de la responsabilité et le gouvernement par la peur que véhicule l’idéologie néolibérale du risque. Lire la suite

      Klinamen 15 ans plus tard, un au revoir Vies et mort d'un collectif madrilène

      « Un collectif n’est jamais figé – ni éternel ». Ainsi se terminait l’édito du premier numéro papier de Jef Klak. Quand les collectifs meurent, il ne reste souvent que leurs archives poussiéreuses, leurs traces laissées au hasard des luttes, des rencontres et des productions. C’est pourquoi le récit qui suit est précieux : après quinze ans d’existence, le collectif de lutte et d’édition Klinamen, basé à Madrid, a décidé de se dissoudre fin 2017. Et de partager leur aventure, avec ses questions, ses joies et ses impasses. Comment mêler le politique et le personnel ? Comment se renouveler collectivement sans violences internes ; et accompagner les mouvements sociaux sans oublier le sens critique ? Comment se lancer à fond dans un projet militant qui ne recherche pas le profit, tout en rentrant assez d’argent pour perdurer ? Plein de panache et de lucidité, ce témoignage pourra servir à tou·tes celles et ceux qui fabriquent du commun. Lire la suite

      La surproduction de l’intelligence Université, précariat, et reconfiguration des classes sociales aux États-Unis

      Une fois les communautés ouvrières liquidées et la désindustrialisation réalisée, qu’advient-il aujourd’hui des diplômé⋅es du supérieur que le marché du travail ne peut plus absorber ? Le sociologue et anthropologue Gary Roth propose ici une histoire audacieuse de ces intérimaires, travailleurs et travailleuses à temps partiel et « freelances » états-unien⋅nes qui constituent ce nouveau précariat diplômé. Lire la suite

      Et vogue la galère Reportage sur les quais précaires de Saint-Nazaire

      Ce fut le premier déplacement en région du président de la start-up nation : Saint-Nazaire et ses chantiers navals. Emmanuel Macron daignera même les sauver d’une cession au groupe italien Fincantieri par une « nationalisation ». C’est que le bastion ouvrier était « Macron compatible » avant l’heure. En vingt ans de lourdes restructurations dans la gestion de leur main-d’œuvre, les chantiers ont fait figure de laboratoire de la précarisation. Lire la suite

      Hamburguerre sociale en Aveyron Trois mois de grève à McDonald’s, récit et décryptage d’une lutte débordante

      Plus une lutte est longue, plus elle dévoile ses plaisirs et ses difficultés. Au McDonald’s de Villefranche-de-Rouergue dans l’Aveyron, cela fait plus de trois mois qu’une poignée de jeunes syndiqué·es ont arrêté le travail après le licenciement abusif d’un de leurs collègues. Ils demandent de meilleures conditions de travail et une augmentation de salaire. Mais leur combat déborde le triste ron-ron des conflits au travail. Les voilà à affronter homophobie, antisyndicalisme structurel, management d’extrême droite et pouvoir des multinationales… Récit en double voie de la banalité du mal et des puissances de résistance. Lire la suite…

      Sur les ruines du futur Contre-récit de la révolution des textiles innovants à Roubaix

      À Roubaix, la zone de l’Union est l’ancien « cœur battant » de l’industrie textile française du XXe siècle. Grèves dans les usines, syndicalisme ouvrier, main-d’œuvre immigrée mais aussi restructurations et délocalisations ont animé ce quartier industriel et populaire jusqu’à ce qu’il devienne au début des années 2000 une des plus grandes friches industrielles du pays. Depuis maintenant près de dix ans, les élus et acteurs économiques locaux ont lancé un vaste chantier de réhabilitation de l’Union pour que la zone devienne à terme un pôle de compétitivité et d’innovation industrielle au service de la métropole lilloise. Lire la suite

      « Comment se fait-il que ces salauds d’ouvriers ne font pas ce que dit le Parti ? » Culture de base, refus du travail, ouvrier-masse et grèves métropolitaines dans l’Italie d’après-guerre. Entretien avec le collectif de traduction de La Horde d’or (Partie 1/3)

      Livre d’histoires et d’analyses politique, boîte à outils, auto-enquête, recueil de chansons, collection de tracts, livre partisan qui ne dit jamais « je » mais donne à entendre des centaines de voix, L’Orda d’oro est à ce jour le seul livre qui évoque aussi complètement la foisonnante inventivité sociale, théorique, culturelle et langagière de l’Italie des années 1960-1970. Et il aura fallu attendre le printemps 2017 pour retrouver cette histoire en hexagone, grâce à la traduction aux éditions de l’Éclat, enrichie par le collectif de traduction d’un appareil de notes indispensable au lecteur français. Lire la première partie

      « Le travail moderne, 
      c’est un retour 
      au tâcheronnage 
      du XIXe siècle »
      Rencontre avec un collectif de livreurs à vélo en lutte

      En mai dernier, pour présenter le numéro « Ch’val de course » de sa revue, Jef Klak a invité des livreurs à vélo en lutte, membres du Collectif de livreurs autonomes de Paris (Clap) à la librairie Le Rideau rouge, dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Travail « ubérisé », loi-Travail, subordination numérique… Autant de manières de retourner selon eux au travail à la tâche du XIXe siècle. Mais l’occasion aussi de renouer avec des formes de lutte collectives et efficaces. Lire la suite

      Prends-le-cool L’exploitation à bicyclette

      Autoentrepreneurs à deux roues, en uniforme fluo, mollets galbés et carapace cubique, à fond les ballons sur le macadam, ils hantent depuis quelques temps le paysage urbain. Mais pour qui roulent les livreurs à vélo ?
      À l’occasion de la naissance du CLAP (Collectif de livreurs autonomes de Paris), qui nous semble de bon augure pour les difficiles années à venir, Jef Klak a décidé de mettre en ligne ce témoignage issu de notre tout dernier numéro, « Ch’val de course ». Lire la suite…

      L’armure des journées de travail Nouvelle

      J’ai creusé où on m’a dit de creuser. J’ai pris ma pelle et ma pioche. J’ai mis mon casque et mes œillères. J’ai vu quand même  : le travail est un mensonge.
      J’ai eu un emploi, on m’a donné un emploi du temps, je n’avais plus de temps pour moi. J’étais pillé, employé pour le temps que je représentais.
      J’ai donné mon temps j’ai donné mon sang j’ai jeté mes gants j’ai mis la main à la pâte j’ai donné la patte à la main qui voulait me la prendre.
      J’étais du temps on m’a découpé en tranches fines on m’a roulé dans la farine on m’a recouvert de papier je ne pouvais pas me périmer pas m’avarier j’étais salarié j’avais un sale air de pauvre. Lire la suite

      « On est fort.e.s
      quand on arrive à composer ensemble »
      Discussion croisée sur la lutte contre la loi Travail et la violence d’État à Rennes

      Depuis le début du mouvement contre la loi Travail et son monde, les habitant.e.s de Rennes résistent et s’organisent avec une constante détermination. Face à une bourgeoisie ultra-réactionnaire et à l’interdiction de manifester dans le centre-ville décidée par la mairie du Parti socialiste, militant.e.s et non-militant.e.s, syndiqué.e.s et non-syndiqué.e.s ont appris à agir ensemble. Les assemblées interpros et l’occupation de la Maison du peuple dans l’hypercentre de la capitale bretonne ont permis des actions de blocage économique et des manifestations avec un degré de conflictualité particulièrement élevé. Sans gommer leurs contradictions, six participant.e.s au mouvement racontent ici comment ils/elles ont su composer ensemble et affronter les violences policières ou institutionnelles, autant que la désinformation des médias locaux. Lire la suite…

      Madrid : les racines du 15-M Le mouvement d'occupation des places en Espagne : avant et après...

      Les médias leur avaient collé l’étiquette « indignés », appellation non-contrôlée dans laquelle la plupart ne se retrouvaient pas. Celles et ceux qui occupaient la rue préféraient le plus sobre « 15-M », en référence à ce 15 mai 2011 où l’Espagne assoupie s’est réveillée. Un mouvement aux racines multiples, qui s’est construit dans la durée et continue à renouveler les imaginaires. De quoi aider à penser le mouvement du 32-Mars (ou « Nuit debout ») en train de s’organiser à Paris, cousin peut-être pas si éloigné de son aîné espagnol, dont l’exigence d’horizontalité, la défiance envers les partis et le refus de la représentation restent des outils indispensables pour une organisation capable de transformer la société. Lire la suite…

      « Le digital labor est conçu pour ne pas avoir l’apparence d’un travail » L'exploitation du moindre clic par l'industrie numérique. Entretien avec Antonio Casilli

      Surfer, naviguer, explorer – le temps passé par chacun d’entre nous sur Internet semble surtout relever de la découverte, du loisir et du fun. Pourtant, l’apparente générosité des entreprises du web, pourvoyeuses de contenus et d’outils dédiés à la convivialité, s’accompagne de bénéfices records et d’un marketing agressif. Ces nouvelles industries ont en effet réussi à valoriser le moindre de nos gestes sur la toile, et c’est le travail volontaire des internautes eux-mêmes qui concourt à l’optimisation continue de ces services… le tout sans rémunération.
      Comment est-on parvenu à faire travailler les gens, à exploiter leur temps de travail et leur ingéniosité, sans débourser le moindre salaire ? Comment lutter contre ce nouveau type d’exploitation ? En nommant le digital labor, un nouveau champ critique apparaît, dont Antonio Casilli, maître de conférences à l’Institut Mines Telecom, est l’un des représentants. Lire la suite