Tous les articles de Nicolas Rey

    « Je m’en vais lire en refilmant » Conversation avec Martine Rousset, cinéaste « cabane »

    Martine Rousset fait des films depuis 1977, des films en pellicule, depuis toujours et tant que ce sera possible. Elle a grandi à Frontignan, à côté de Sète, où elle est retournée vivre, après avoir travaillé pendant 35 ans dans un musée parisien. Étudiante en philosophie à Montpellier dans les années post-1968, elle suit les cours d’Henri Agel, pionnier de l’enseignement du cinéma à l’université – une nouveauté directement issue de mai. Des années d’études scandées par « une majorité de grèves et d’occupation des locaux, jusqu’à l’avènement de la révolution socialiste », comme elle le dit elle-même.
    Et puis les années de plomb qui ont suivi, très destructrices autour d’elle. Autour de 1975, elle s’installe à Paris pour suivre l’enseignement d’une école de cinéma et fait la rencontre du Collectif Jeune Cinéma, une « coopérative » de distribution de films créée en 1971 qui organise à cette époque des projections à la Maison des Jeunes de St-Michel. Elle se lie d’amitié avec les cinéastes du collectif, en particulier Patrice Kirchhofer, Gérard Courant et Marcel Mazé. Lire la suite

    « Faire du cinéma comme on occupe des zones à défendre » ZAD, rituel, micropolitique et cinéma : entretien avec les Scotcheuses

    Aujourd’hui, les exemples de créations collectives dans le champ du cinéma se font rares. C’est pourtant le choix fait par les Scotcheuses, un groupe mouvant, fabriquant des films en Super 8, formé en 2013, et qui a déjà finalisé quatre films. Les trois premiers ont été fabriqués dans des temps très courts, tournés, développés et montés sur le lieu même du tournage et montrés sous une forme performative avec un accompagnement sonore en direct. No Ouestern, leur dernière production, a été réalisé en un an sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, avec un temps d’écriture préalable, pour aboutir à une forme fixée, accompagné d’un son synchronisé à la projection. Lire la suite

    «  3 x 3,65 mètres » Entretien avec James Benning à propos d’Unabomber

    Pendant près de quinze ans, le mathématicien Theodore Kaczynski fut considéré aux États-Unis comme l’ennemi public numéro un pour l’envoi de colis piégés artisanaux (de 1978 à 1996) à diverses personnes construisant ou défendant la société technologique. Trois morts et 23 blessés avec 16 bombes envoyées. Il a pendant ce temps écrit un Manifeste, faisant aujourd’hui référence dans la critique de la technologie.
    James Benning est cinéaste, il travaille sur celui que le FBI a surnommé « Unabomber  », sans pouvoir discuter avec lui : depuis 1998, Kaczynski est incarcéré à l’ADX Florence, dans le Colorado, une prison de très haute sécurité.
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