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Fukushima

Par Arkadiusz Podniesinski

Juste après la catastrophe de la centrale de Fukushima, une zone de 3 km, et plus tard de 20 km, fut désignée et quelque 160 000 habitants en furent évacués de force. Le chaos, et des mesures inexactes des niveaux de radiation, sépara de nombreuses familles et les envoya dans des lieux encore plus contaminés. Quatre ans plus tard, plus de 120 000 personnes ne pouvaient toujours pas retourner chez elles, et beaucoup vivaient encore dans des logements de fortune spécialement construit pour elles. Comme à Chernobyl, certains habitants défièrent les ordres et retournèrent chez eux après la catastrophe. Certains ne sont jamais partis. Voir le reportage

Une brèche dans les vitrines de la tolérance zéro Reportage à New-York dans la campagne contre le « Stop and Frisk  »

Photos d’Alexis Berg

En novembre 2013, Bill de Blasio est élu maire de New York avec un programme axé sur la lutte contre l’arbitraire de la police. Une chose plutôt rare, en ces temps sécuritaires, et un comble, dans la capitale de la « tolérance zéro », politique ultra-répressive qui fait florès depuis les années 1980. C’est que, des coins de rues aux tribunaux, une riposte militante s’est organisée contre le « stop and frisk  », ces arrestations et fouilles subies en permanence par les New-Yorkais des quartiers pauvres.

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« Presque une image d’évasion collective… » Images des écoles de préservation de jeunes filles   Entretien avec Sandra Álvarez de Toledo et Sophie Mendelsohn

Dans les premières années du XXe siècle, ouvrent à Clermont-sur-Oise, Cadillac et Doullens, trois établissements publics laïcs pour mineures nommés « écoles de préservation de jeunes filles » où l’on enferme vagabondes et filles récalcitrantes de la campagne ou du sous-prolétariat. Leur histoire est très peu connue. Les éditions L’Arachnéen ont publié en octobre 2015 un ouvrage représentant le quotidien de ces « écoles » dans les années 1930. Vagabondes s’appuie sur un fonds photographique issu d’une commande officielle, et resté jusque là enfoui. Les photos sont accompagnées d’un montage de courriers administratifs et de documents officiels pour tenter de dresser un portrait de ces lieux d’enfermement.
Qui étaient ces jeunes filles ? Quel sort était réservé à celles que les correspondances administratives nommaient gracieusement des « idiotes perfectibles » ? Sandra Álvarez de Toledo, coordinatrice de Vagabondes, et Sophie Mendelsohn, auteure du texte qui clôt l’ouvrage, reviennent sur ce que les archives racontent de ces filles, sur la représentation de ces « écoles de préservation » et l’idéologie qui les sous-tendaient. Lire la suite

Punk, Pop, & Glycon Voyage dans les mondes extraordinaires d’Alan Moore

Écrivain de comics célèbre pour ses scénarios virtuoses qui mettent en scène la violence du pouvoir de l’État, ainsi que celle des super-héros, Alan Moore se déclare anarchiste, mais également adepte de la magie, qu’il pratique – et qu’il vulgarise dans nombre de ses histoires. Ainsi La Ligue des gentlemen extraordinaires, fresque séculaire qu’il a initiée il y a désormais quinze ans, met en abyme les mythes individualistes et scientistes de l’époque victorienne à nos jours ; l’occasion aussi pour Moore d’approfondir son exploration des mondes magiques.
 
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« On est fort.e.s
quand on arrive à composer ensemble »
Discussion croisée sur la lutte contre la loi Travail et la violence d’État à Rennes

Depuis le début du mouvement contre la loi Travail et son monde, les habitant.e.s de Rennes résistent et s’organisent avec une constante détermination. Face à une bourgeoisie ultra-réactionnaire et à l’interdiction de manifester dans le centre-ville décidée par la mairie du Parti socialiste, militant.e.s et non-militant.e.s, syndiqué.e.s et non-syndiqué.e.s ont appris à agir ensemble. Les assemblées interpros et l’occupation de la Maison du peuple dans l’hypercentre de la capitale bretonne ont permis des actions de blocage économique et des manifestations avec un degré de conflictualité particulièrement élevé. Sans gommer leurs contradictions, six participant.e.s au mouvement racontent ici comment ils/elles ont su composer ensemble et affronter les violences policières ou institutionnelles, autant que la désinformation des médias locaux. Lire la suite…

Hecho en Argentina Visite photographique d'un atelier souterrain du textile argentin

Depuis la crise argentine de 2001, le nombre d’ateliers de couture clandestins n’a cessé d’augmenter dans le centre de Buenos Aires et sa périphérie. Celui de Luis fonctionne entre autogestion et système D. Il travaille principalement pour les stylistes indépendants de la capitale qui font désormais partie intégrante de la culture vestimentaire argentine. Tout y est plus simple : les contrats de travail et les commandes sont tacites, les paiements en liquide. Revers de la médaille, cette économie souterraine qui s’est désormais généralisée en Argentine, profite surtout aux grandes chaînes du textile et à la contrefaçon, soupçonnées d’encourager le travail esclave. Lire la suite…

Avant-propos
sur les sociétés de ciblage
Une brève histoire des corps schématiques

De la notation chorégraphique au XVIIIe siècle à la chronophotographie des années 1910, diverses méthodes ont su schématiser les déplacements des corps humains dans un espace et un temps donnés. Aujourd’hui, dans un contexte de traçabilité généralisée, l’accumulation de trajectoires chronospatiales permet d’élaborer des modèles statistiques de comportements « normaux » au sein d’une société donnée – pour mieux isoler les déviances potentielles de tel ou tel individu. Une logique non plus seulement de discipline ou de contrôle, mais de ciblage, au service des pouvoirs policiers, militaires ou économiques.

Ce texte est extrait du numéro 2 de Jef Klak, « Bout d’ficelle », dont le thème est Coudre / En découdre. Sa publication en ligne est la première d’une série limitée (1/6) de textes issus de la version papier de Jef Klak, toujours disponible en librairie. Lire la suite…

Le nouvel ordre mural Petite histoire des dispositifs anti-graffitis

Après des millénaires durant lesquels les graffitis faisaient partie du paysage urbain, le XIXe siècle a inauguré leur criminalisation : les transformations urbanistiques de Paris sous le préfet Haussmann ont développé une forme d’architecture préventive, renouvelée au XXe siècle en réponse à l’explosion des tags. Si la lutte anti-graffiti était initialement liée à la traque de l’écrit « subversif », depuis la fin du XXe siècle elle réfute toute considération d’ordre moral, associant désormais systématiquement cette pratique au vandalisme et à la pollution visuelle. Seul un caractère esthétique lui ouvre parfois les portes d’une reconnaissance, bien souvent intéressée. Lire et voir la suite…

Faire barrage Provocations policières et confusionnisme médiatique : le cas du Testet

Que dire après la mort de Rémi Fraisse ? Quiconque se battant aujourd’hui contre l’arbitraire et la violence d’État pourrait être une victime. Que l’on parle des crimes policiers dans les cités, où le permis de tuer est devenu chose banale pour une police débridée, ou des luttes sociales qui voient la terreur contre-insurrectionnelle museler la liberté d’expression en acte : les armes (« létales » ou non) sont là pour éborgner et tuer toute résistance et tout sursaut de dignité. Voici donc quelques éléments de reportage et d’analyse sur ces jours noirs d’octobre 2014. Lire la suite

Le sel de la terre Photo-reportage sur les camps de protestation palestiniens dans la vallée du Jourdain

Pendant que les opérations militaires se déchainent sur Gaza, le collectif Activestills, composé de photographes israéliens, palestiniens et internationaux, rappelle par l’image la lutte au long cours que mènent les activistes palestiniens pour leur liberté et leur terre. Un quotidien fait d’occupations, de camps montés ad hoc pour protester contre la colonisation israélienne et répéter qu’on ne peut faire taire par les armes. Lire la suite